Le marché de l'or présente deux signaux opposés. D'un côté, les fonds aurifères mondiaux continuent de recevoir des capitaux. De l'autre, les intervenants sur les contrats à terme ont fortement réduit leurs positions en septembre. Ils négocient le même actif, mais selon des objectifs et des horizons différents. Le cours peut donc reculer alors même que les ETF continuent d'acheter.
Pour la période du 15 octobre au 15 novembre 2026, l'enjeu est de distinguer les achats d'accumulation destinés à diversifier les portefeuilles des positions spéculatives capables de faire monter rapidement le cours. Les données vérifiées jusqu'au 14 octobre appuient davantage la première hypothèse. La publication de l'inflation américaine prévue ce même jour n'est pas prise en compte ici.
À retenir Les achats des ETF montrent que la demande de détention d'or persiste. Ils ne prouvent pas à eux seuls qu'un nouveau marché haussier a commencé tant que le dollar, les rendements obligataires et les positions spéculatives ne soutiennent pas simultanément le métal.
Pourquoi l'or baisse-t-il malgré les entrées dans les fonds ?
Selon le World Gold Council, les ETF adossés à de l'or physique ont reçu 10 milliards USD de flux nets en septembre 2026 et un montant trimestriel record de 31 milliards USD. Leurs réserves mondiales ont progressé de 67 tonnes à 4 256 tonnes, même si l'or a terminé septembre à 4 176 USD l'once troy, en recul mensuel de 8,5 %.
L'Amérique du Nord et l'Europe ont largement porté les flux de septembre. Les fonds cotés au Royaume-Uni ont recueilli à eux seuls 7,5 milliards USD au troisième trimestre, soit environ 54 tonnes d'or selon le World Gold Council. Les achats ne proviennent donc pas d'une seule place financière. Mais ces entrées ne disent pas si les fonds ont été prélevés sur les actions, les obligations ou certaines liquidités sans comparaison avec les flux de ces autres actifs.
À l'inverse, le World Gold Council indique que les positions nettes acheteuses des gestionnaires de capitaux (Managed Money) sur le COMEX ont diminué de 84 tonnes, soit environ 12 milliards USD, en septembre. Les positions longues nettes de l'ensemble du marché ont reculé de 13 % à 654 tonnes, celles de la catégorie Managed Money restant à 387 tonnes. Cette divergence aide à comprendre les pressions sur le prix malgré l'accumulation des ETF.
Les flux dans les ETF reflètent souvent la répartition des portefeuilles et la demande de détention d'or. Les opérateurs à terme ajustent plus vite leur risque et peuvent recourir à l'effet de levier, au moyen d'emprunts ou de marges pour amplifier leurs positions. Une liquidation de contrats à terme lors de fortes variations des prix ou des rendements obligataires peut peser temporairement sur l'or sans signifier que tous les investisseurs l'abandonnent.
Que nous apprennent les grands fonds aurifères ?
L'analyse des flux financiers doit distinguer les souscriptions nettes, les quantités d'or détenues et les actifs sous gestion (AUM). La valeur des actifs sous gestion peut varier avec le cours de l'or, même si les quantités détenues ne bougent pas dans les mêmes proportions.
Selon State Street, SPDR Gold Shares (GLD) représentait environ 141,50 milliards USD d'actifs sous gestion au 12 octobre. L'iShares Gold Trust (IAU) de BlackRock détenait 463,87 tonnes d'or au 8 octobre, contre 463,54 tonnes au 2 octobre. Il s'agit d'une légère augmentation entre deux observations, non d'une preuve que tous les grands fonds enregistrent chaque jour des souscriptions nettes.
La question de la destination de l'argent appelle donc deux niveaux de réponse. Sont confirmés les flux nets positifs vers les ETF aurifères mondiaux en septembre et la faible hausse des stocks d'IAU début octobre. Ne sont pas établis les arbitrages entre classes d'actifs en temps réel, ni le montant précis du flux net enregistré par GLD le 14 octobre.
| Fonds ou ensemble | Dernières données utilisées | Ce qu'elles permettent d'affirmer |
|---|---|---|
| ETF aurifères mondiaux | 10 milliards USD d'entrées nettes (septembre 2026) | Flux net global, pas une mesure quotidienne d'octobre |
| SPDR Gold Shares (GLD) | Environ 141,50 milliards USD d'AUM (12 octobre 2026) | Taille du fonds, pas ses entrées nettes |
| iShares Gold Trust (IAU) | 463,87 tonnes (8 octobre) contre 463,54 tonnes (2 octobre) | Hausse d'environ 0,33 tonne; flux net mensuel non démontré |
Le dollar et les rendements obligataires restent déterminants
Les achats à long terme peuvent soutenir l'or, mais sur un mois les prix réagissent souvent plus vite aux taux et à la liquidité. Le World Gold Council estime que la remontée des rendements des bons du Trésor américains et l'appréciation du dollar ont largement contribué au recul de septembre. Le rendement américain à dix ans a augmenté de 0,53 point de pourcentage à 5,3 %, tandis que l'indice DXY gagnait environ 2 % sur le mois.
Contrairement aux obligations, l'or ne verse pas d'intérêts. Quand les rendements réels, corrigés de l'inflation, montent, le coût d'opportunité de détenir le métal augmente. Un dollar plus fort renchérit également souvent l'or coté en USD pour les détenteurs d'autres monnaies. Ces relations ne sont pas mécaniques : en période de crise financière sévère, les investisseurs peuvent acheter simultanément de l'or et des obligations d'État.
Du 15 octobre au 15 novembre, les catalyseurs sont la réaction à l'indice américain des prix à la consommation (CPI) programmé le 14 octobre, à l'indice des prix à la production (PPI) du 15 octobre et à la réunion du comité monétaire américain (FOMC) des 27 et 28 octobre. Il faut examiner l'écart entre les chiffres publiés et les attentes, plutôt que supposer que toute inflation élevée ou faible impose un mouvement unique à l'or.
Lire l'or à travers les autres marchés mondiaux
| Variable de marché | Élément à surveiller | Signification pour l'or |
|---|---|---|
| Dollar américain et DXY | Évolution après le CPI et la Fed | Un dollar fort pénalise souvent l'or coté en USD |
| Rendements du Trésor et rendements réels | Variations, notamment des TIPS à dix ans | Des rendements réels plus élevés augmentent généralement le coût d'opportunité |
| Actions mondiales et VIX | Ventes d'actifs risqués et besoins de liquidité | Recherche de refuge favorable, mais ventes pour obtenir du cash parfois défavorables |
| Pétrole et autres métaux | Inflation et risques de conjoncture | Contexte macroéconomique, non signal direct sur l'or |
| Bitcoin | Appétit pour le risque et liquidité | Indicateur complémentaire, pas un substitut de l'or |
Ce tableau présente un cadre d'interprétation, pas des corrélations statistiques mesurées en temps réel. Démontrer un transfert de capitaux des actions ou des obligations vers l'or exige des données comparables de flux de fonds sur une même période; les variations de cours n'en établissent pas l'origine.
Cours et indicateurs ne confirment pas encore une nouvelle hausse
Les cotations entre le 12 et le 14 octobre varient selon l'heure et le marché. Le 13 octobre, Barron's citait un cours spot proche de 4 214,90 USD l'once troy et une résistance à court terme de 4 235 USD suivie par Saxo Bank. Un compte rendu du matin du 14 octobre évoquait environ 4 160 USD l'once troy. Ces prix intrajournaliers ne peuvent pas remplacer les clôtures quotidiennes nécessaires au calcul des indicateurs.
Un indice de force relative (RSI) à 14 jours, le MACD et les moyennes mobiles à 50 et 200 jours nécessitent un historique complet et cohérent de cours de clôture. Faute de cette série lors de la vérification, on ne peut publier de valeurs actuelles ni annoncer une golden cross ou une death cross sans preuves.
À court terme, il faudra voir si l'or clôture durablement au-dessus de la résistance tandis que le dollar et les rendements réels ralentissent et que les positions spéculatives cessent de baisser. Une percée intrajournalière suivie d'un repli peut rester un simple rebond dans une fourchette, non un retournement de tendance.
Trois scénarios pour l'or jusqu'au 15 novembre
| Scénario | Conditions renforçant sa crédibilité | Fourchette illustrative (USD/once troy) |
|---|---|---|
| Reprise | Maintien au-dessus de 4 235 USD, détente du dollar et des rendements réels, pas de retournement des flux ETF | 4 300 – 4 400 USD |
| Consolidation | Données économiques contrastées, flux ETF positifs sans relais des futurs | 4 050 – 4 300 USD |
| Poursuite de la correction | Dollar et rendements réels en hausse, rupture de 4 050 USD et ralentissement des achats de fonds | 3 900 – 4 050 USD |
Ces fourchettes sont des scénarios conditionnels de la rédaction, non des prévisions issues d'un modèle statistique ni des supports et résistances entièrement validés par l'historique. Aucune probabilité chiffrée fiable n'est disponible. L'actualité et les flux de capitaux peuvent imposer leur révision.
En Thaïlande, le baht compte aussi
Pour un investisseur thaïlandais, le prix local de l'or ne varie pas nécessairement comme le cours mondial. Il dépend également de l'USD/THB, nombre de bahts par dollar, des écarts acheteur-vendeur et des commissions. Un baht plus faible peut faire monter le cours thaïlandais malgré un or mondial stable; un baht plus fort peut réduire le gain lié à une hausse internationale.
Les détenteurs de lingots, de fonds aurifères et de contrats à terme doivent distinguer le risque de change, les frais et l'effet de levier de la tendance mondiale. Le cours spot n'est pas le rendement net effectivement obtenu sur chaque produit.
Quels signaux pourraient modifier le diagnostic en un mois ?
Si les ETF continuent d'attirer des capitaux alors que dollar et rendements réels restent élevés, l'or peut être soutenu sans fort rebond. Si les fonds achètent toujours, que les gestionnaires augmentent de nouveau leurs positions sur le COMEX et que les rendements obligataires baissent, la reprise reposera sur des indices bien plus solides. En revanche, des sorties des ETF conjuguées à une nouvelle réduction des futurs augmenteraient le risque d'un test du bas de la fourchette.
Conclusion Du 15 octobre au 15 novembre 2026, les avoirs des fonds adossés à l'or physique continuent de soutenir le marché, mais les données disponibles ne confirment pas encore un nouveau mouvement haussier des capitaux à court terme. Il faut suivre ensemble les flux des ETF, les positions au COMEX, le dollar et les rendements réels. Cette analyse repose sur les informations vérifiées jusqu'au 14 octobre, avant la publication du CPI américain. Elle présente des scénarios, sans garantie de rendement ni conseil d'investissement individualisé.



